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    Le 18 juin 1992, le commissaire européen responsable de l’environnement, Carlo Ripa di Meana, a voulu ainsi sonner le glas du tout à l’auto. Il présentait les résultats d’une recherche dont le titre à lui seul est tout un programme: Pour une ville sans voiture [1]. Pour Ripa di Meana, le développement de l’automobilisme – ou l’auto-immobilisme ? – a provoqué une crise de la relation ville-voiture. Nos villes sont asphyxiées, affirmait-il. Le trafic a modifié le visage, la structure et le fonctionnement des villes. L’usage abusif de l’automobile à des fins privées a eu des incidences profondes sur le tissu urbain. Outre la pollution par les gaz et le bruit, l’automobile est responsable de l’étalement des villes, de l’essaimage des quartiers dans des zones éloignées du centre, de la création de cités-dortoirs avec leur cortège de tensions sociales.

    Les conclusions de l’étude commanditée par la Commission européenne sont positives, affirmait également Ripa. Il serait possible d’imaginer et de concevoir une ville libérée de ses automobiles. Selon la densité de l’agglomération, la ville sans voiture coûterait de 2 à 5 fois moins que nos cités congestionnées. Certes, reconnaissait la Commission, la «démotorisation» ne se fera pas sans mal. Les principales difficultés seront opérationnelles, mais il faut également tenir compte de problèmes conceptuels et politiques. L’étude recommande une «mobilité piétonne» pour les courtes distances et l’usage des transports collectifs pour les distances plus longues. Mais ces transports doivent être ponctuels, commodes et peu polluants, soulignait Ripa di Meana. L’ampleur des ressources nécessaires pour opérer un renversement de tendance est extrêmement importante.

    Quand la Commission européenne voulait créer des villes sans voitures

    Source: carfree.free.fr